CEMAC : La banque centrale travaille sur des options complémentaires à la gestion de ses réserves de change

CEMAC : La banque centrale travaille sur des options complémentaires à la gestion de ses réserves de change
Tags:

() - La BEAC, la banque centrale commune aux pays membres de la Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC), serait en train d’examiner la possibilité d’options complémentaires à la gestion actuelle de ses réserves de change, a appris l'Agence Ecofin de sources officielles.

Aujourd’hui, dans le cadre des accords monétaires qui lient cette sous-région à la zone Euro, et donc la France, l’institution doit recevoir tous les revenus en devises générés par les activités de ses Etats membres, et en déposer une partie (50% actuellement) dans un compte des opérations (rémunéré) qui est logé au trésor public français, afin de garantir la convertibilité illimitée de sa monnaie.

Mais dans la pratique, certains Etats, notamment les gros producteurs de pétrole, n'ont pas toujours effectué un rapatriement de tous leurs revenus extérieurs, créant ainsi une distortion dans la gestion de la politique monétaire. Les raisons avancées par ce non respect des Etats sont nombreuses.

Selon le Fonds Monétaire International qui les suit de près, on relève le fait de vouloir satisfaire à l'exigence de constituer de fonds de contrepartie pour la réalisation, par des partenaires au développement, de certains travaux d'infrastructure (un cas observé surtout avec la République du Congo). D'autres souhaitent avoir plus de flexibilité en cherchant à échapper à la rigidité de la BEAC. Il y a aussi les échecs passés de l'institution et la volonté de gagner plus de ses réserves.

La BEAC veut diversifier ses partenaires dans la gestion des réserves de change. Elle pourrait ainsi travailler avec d'autres banques centrales et commerciales, susceptibles de générer de meilleurs rendements et permettre une gestion plus souple des avoirs en devises.

Mais convaincre les dirigeants à la tête des pays de la CEMAC n'est pas une mince affaire. Dans le cadre du programme des réformes économiques actuellement en cours de mise en oeuvre, l'institution d'émission de la monnaie a souhaité que soit mis à sa disposition, les contrats miniers et pétroliers qui génèrent le gros (70%) des revenus en devises de la sous-région.

Elle n'a reçu aucun refus officiel jusqu'à maintenant, mais n'a pas obtenu non plus de réponses positives. Les Etats de la CEMAC semblent s'être disciplinés avec la crise des devises qui n'est toujours pas partie de leur porte. De près de 36% en 2009, les réserves de change non rapatriées par les Etats de la CEMAC étaient estimées à environ de 22% seulement à la fin 2016. Mais ce chiffre peut être plus important si on prend en compte la faible publication des données.

Agir est d'autant plus urgent pour la banque centrale, que les résolutions prises lors de la rencontre urgente de décembre 2016 à Yaoundé au Cameroun, sont mise en oeuvre à des dégrés divers. Si le Gabon, le Cameroun et le Tchad sont parvenus à un accord avec le FMI, le Congo tarde à avancer. Or, le flou qui entoure la situation de la dette extérieure de ce pays constitue un défi pour la sous-région.

Dans le même sens, la crise n'est toujours pas passée. Malgré de gros efforts, le Cameroun qui concentre le plus gros des réserves de change, bien que n'étant que le quatrième exportateur de la CEMAC, a débuté l'année 2018 sur un creusement de sa balance commerciale.

A la fin du mois d'avril 2018 (date à laquelle les données sont disponibles), les avoirs extérieurs nets de la CEMAC se situaient à 3096 milliards de FCFA (5,43 milliards $). Ils ne représentaient que 2,5 mois des importations de la sous-région. Un niveau en dessous de la moyenne standard fixée à 3 mois par ses dirigeants, et plus faible que le niveau de référence de 6 mois requis pour les pays qui partagent le même statut monétaire.

Idriss Linge

Facebook (copie)

ACTUALITES

Le 22 mars 2019
Gouvernance
en-prélude-au-sommet-de-la-cemac-idriss-déby-itno-et-daniel-ona-ondo-font-le-point-de-la-libre-circulation

En prélude au Sommet de la Cemac, Idriss Déby Itno et Daniel Ona Ondo font le point de la libre-circulation

A quelques heures de l’ouverture du Sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) qui se tient à N’djamena le 24 mars prochain, le président...
Le 22 mars 2019
Gouvernance
pour-antonio-pedro-les-pays-africains-doivent-augmenter-le-taux-de-mobilisation-des-ressources-internes-pour-financer-leur-développement

Pour Antonio Pedro, « Les pays africains doivent augmenter le taux de mobilisation des ressources internes pour financer leur développement.»

En marge des travaux des experts de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) qui se tiennent à Marrakech au Maroc, en prélude à la réunion des ministres...
Le 21 mars 2019
Gouvernance
le-gouvernement-et-l’unoca-font-le-point

Le gouvernement et l’UNOCA font le point  

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale, François Lounceny Fall s’est entretenu avec le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, sur les relations entre l’Onu et...
Le 21 mars 2019
Santé
l’etat-ferme-31-structures-sanitaires

L’Etat ferme 31 structures sanitaires

La mission d’inspection et de contrôle des structures sanitaires privées de Libreville et ses environs, lancée par le ministère de la Santé publique, vient de livrer son bilan. Les équipes déployées...