Selon Régis Immongault, « la crédibilité du Gabon à surmonter les difficultés conjoncturelles reste intacte »

Selon Régis Immongault, « la crédibilité du Gabon à surmonter les difficultés conjoncturelles reste intacte »
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() - Après l’opération de levée de 200 millions de dollars, le 7 août dernier, sur le marché international des capitaux, le ministre de l’Economie, Régis Immongault apporte des éclairages sur ce nouvel emprunt obligataire.

Le Nouveau Gabon : Monsieur le ministre de l’Economie, le Gabon vient réussir une émission d’obligations internationales de près de 200 millions de dollars. Quel est le sentiment qui vous anime au moment où certains commençaient déjà à émettre des doutes sur les capacités de mobilisation financières du pays ?

Régis Immongault : Le Gabon vient effectivement de procéder avec succès le 07 aout 2017, à une opération d’emprunt obligataire international pour un montant de 200 millions de dollars. La finalisation de cette émission traduit la confiance des experts économiques et financiers internationaux dans la capacité de l’économie gabonaise à surmonter à moyen terme les difficultés conjoncturelles auxquelles elle fait face dans un contexte international marqué par plusieurs incertitudes. Ce sentiment est d’autant plus renforcé que l’emprunt obligataire s’est opéré à une période de l’année, l’été, qui n’est pas traditionnellement propice.

Je suis donc heureux que l'opération se soit bien déroulée, surtout qu’il n’y a pas longtemps, avec la forte dégradation de la notation souveraine de la dette gabonaise par l'agence Moody's, l’obligation gabonaise sur le marché secondaire se vendait en dessous du pair. En définitive, le signal que le Gouvernement perçoit est celui de persévérer dans la mise en œuvre des réformes économiques et financières avec l’appui des partenaires au développement, afin augmenter la résilience de notre économie. Il s’agit aussi, s’il en était besoin, de donner raison au président de la République qui, très tôt, a instruit le gouvernement pour la mise en place d’un plan de relance économique et d’accélérer les réformes structurelles indispensables pour notre économie. Il convient de souligner que les messages rassurants du FMI nous ont aussi aidés.

Comment s’est déroulée cette opération et en outre par qui était composé le roadshow ?

L’opération a commencé avec une campagne d’échange avec les principaux investisseurs pour leur présenter les développements économiques et financiers récents, ainsi que les axes stratégiques de la politique économique et sociale mise en œuvre dans notre pays. Cette stratégie a permis d’améliorer la perception du marché ainsi que les rendements de l’obligation gabonaise. S’en est suivi une procédure rigoureuse d’analyse du Gabon par des cabinets juridiques et des spécialistes des questions économiques et financières sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale, judiciaire.

Les réponses pertinentes à toutes les interrogations ont permis de convaincre les marchés. Ce qui s’est traduit par une souscription de l’ordre de trois fois le montant recherché. Plus précisément pour un montant recherché de 200 millions de dollars, les investisseurs nous ont proposé 600 millions de dollars.

Du point de vue technique, l’opération a consisté à la réouverture du titre gabonais échéance 2025 pour un montant de 200 millions de dollars. Les nouveaux titres sont fongibles dans la souche existante et porteront donc également un coupon de 6,95%. Mais le succès de la présente émission tient de ce que contrairement à l’émission initiale de 2015 (-émission au pair-), elle s’est faite à un rendement inférieur, soit 6,85%.

Contrairement à l’accoutumé, cette opération s'est déroulée sans roadshow. En tenant compte de la taille de l’émission, j’ai eu plutôt réalisé des Conférences téléphoniques avec les principaux investisseurs financiers.

Il y’avait une possibilité d’obtenir davantage puisque les souscriptions se sont élevées à 600 millions de dollars. Pourquoi le Gabon s’est-il retenu d’en prendre plus que le montant initial ?

L’emprunt obligataire de 200 millions rentre dans le cadre de la stratégie de soutenabilité de la dette arrêtée avec le Fonds monétaire international, relativement à la mise en œuvre du PRE. Dans ce sens, le besoin de financement identifié était de cet ordre, en relation avec l’encours de l’emprunt obligataire 2007 échéance 2017. C’est pourquoi, l’autorisation parlementaire était de ce montant et nous devions nous y tenir.

Avec ce énième emprunt, le Gabon reste-t-il toujours dans ces prévisions d’endettement pour l’année 2017 et partant, pour les critères de convergences requis en zone CEMAC ?

Cet emprunt rentre dans la stratégie d’endettement du Gabon et a été pris en compte dans le cadrage arrêté avec le FMI. Je rappelle que ledit mémorandum est disponible sur le site internet du FMI et du ministère de l’Economie. Cette nouvelle émission prévue dans la LFR 2017 n'a aucun impact haussier sur l'endettement. Les Fonds levés servent à payer le solde de l'emprunt obligataire de 2007, emprunt qui avait permis de réaliser l'opération de buy back auprès des créanciers du Club de Paris en 2008.

Ce nouvel emprunt obligataire devrait permettre d’envisager sereinement le bouclage des opérations financières pour l’année 2017 et pour lesquelles des échéances importantes sont prévues.

Plus particulièrement, dans le cadre du programme avec le FMI, compte tenu des contraintes qu’impose l’environnement international sur les finances publiques, nous avions arrêté le principe d’un refinancement de l’emprunt échéance 2017. Il convient de rappeler que le taux d’intérêt de l’émission obligataire effectuée en 2007 (pour 10 ans) était de 8,20% et la présente est à 6,85% : Il s’agit donc d’une opération de gestion active des engagements (liability management).

Lesdites ressources seront donc exclusivement dédiées à cet engagement. Elles ne sont pas destinées au financement des charges de fonctionnement de l’Etat. Cette opération n’a aucun effet haussier sur la dette publique.

Merci Monsieur le ministre

Par Stéphane Billé

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