La ministre du Tourisme, Marie-Rosine Itsana, décline la stratégie pour sortir le tourisme au Gabon de l’ornière

La ministre du Tourisme, Marie-Rosine Itsana, décline la stratégie pour sortir le tourisme au Gabon de l’ornière

() - Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de revalorisation de l’industrie touristique gabonaise, la ministre du Tourisme, Marie-Rosine Itsana (photo), a récemment organisé une rencontre Actu-tourisme avec les responsables dudit ministère et les différents acteurs du secteur. Cela, dans le but de plancher sur les axes du développement du secteur, la valorisation des structures et espaces à intégrer au circuit touristique.

Le nouveau Gabon : Mme la ministre, l’un des challenges de votre ministère est la relance de l’industrie touristique au Gabon. Dans ce sens, on annonce un nouveau dispositif devant règlementer ce secteur. Quelle est sa particularité, par rapport aux textes antérieurs ?

Marie-Rosine Itsana : Ce sera la première fois que l’on aura une loi sur le tourisme au Gabon. Ce ne sera pas une loi pour une loi, ce sera vraiment une loi spécifique au tourisme, au même titre que les Hydrocarbures, les mines, les forêts et bien d’autres autres.

Quels sont les contours et le but de cette loi ?

Elle est très importante dans la mesure où elle va davantage rassurer les investisseurs sur la destination Gabon. Cette loi constitue donc un atout pour les attirer. Il y a certes des textes qui organisent le tourisme et l’hôtellerie, mais ils ne sont pas complets et n’intègrent pas la vision du chef de l’État, qui est de faire du tourisme un puissant levier de l’économie.

Alors concrètement, qu’est-ce qui va se passer et comment cela sera-t-il mis en musique ?

La loi va pouvoir indiquer ce que l’on veut, en termes d’écotourisme, de tourisme balnéaire, culturel et j’en passe. Aujourd’hui, les décrets qui organisent le tourisme sont insuffisants. Il faut les contextualiser. Cette loi prend non seulement en compte, la contextualisation, mais aussi le tourisme durable qui n’existe pas dans les décrets actuels.

La formation est un pilier important dans tous les domaines. Quelle stratégie prévoyez-vous pour la valorisation des métiers du tourisme ?

On y pense. En réalité, ce ne sont pas que les acteurs privés qui ont besoin de formation, même au niveau du ministère on en a besoin aussi. C’est donc une préoccupation majeure. La formation du serveur, de la dame de ménage, reste donc déterminante puisqu’ils constituent tous des acteurs de cette chaine de valeurs.

Justement, où en est-on avec le projet de construction de l’école de tourisme du Cap ?

La formation est au cœur des discussions au niveau du gouvernement. Il y a cette école au Cap, dont les travaux sont suspendus pour des questions de budget. On est en train de réfléchir sur la possibilité de mettre à la disposition des acteurs, un espace pour que ce soit eux qui managent cette structure de sorte à en faire véritablement un outil de formation.

En outre, il y a déjà des privés qui forment. J’ai d’ailleurs été la marraine d’une promotion dans une école d’hôtellerie. Elle propose des formations aux jeunes qui n’ont pas nécessairement un niveau Bac. Il y a également des partenariats avec des pays amis pour pouvoir accompagner les acteurs du secteur. J’ai entamé des discussions avec mes collègues pour voir comment on peut recruter des personnes qui viendraient proposer des formations continues.

Vous parlez également d’intéresser les locaux au tourisme, comment est-ce que vous pensez le faire sans avoir une politique tarifaire attractive ? En outre, le gouvernement ne pourrait-il pas s’investir pour permettre à un plus grand nombre de touristes de découvrir les parcs nationaux ?

L’État n’a pas vocation à faire de la concurrence déloyale aux acteurs. Vous savez, le Gabon est un pays de libre-marché. Il y a aussi la loi sur les partenariats public-privé qui permet d’encourager l’initiative privée et de faire en sorte que l’État participe à la mise en place des infrastructures publiques.

Après, c’est une question de choix. Vous savez, je suis allée à Barcelone une année. J’ai été surprise de voir qu’il y avait des dortoirs à 10 euros avec toutes les commodités. Parce qu’en réalité, quand on va découvrir un pays, on veut la qualité d’un grand hôtel, mais on veut payer moins cher.

Dans le cas du Gabon, est-ce que vous envisagez ?

La loi propose de répertorier les différentes structures d’hébergement pour pouvoir mieux les catégoriser et permettre aux touristes d’aller où ils veulent aller. Dans les parcs, par exemple, il y a la case à Bietu qui permet d’avoir toutes les commodités à moindre cout. Mais si on n’a pas cette information, c’est un peu compliqué.

C’est pour cela qu’au niveau du ministère nous allons lancer au dernier jour des rencontres nationales, la plate-forme digitale qui va permettre d’avoir toutes les informations possibles (location de voiture, hôtels, restaurants, dispensaires, tous les services qui participent à rendre le séjour agréable à un touriste).

Cela permettra de rendre l’information accessible au plus grand nombre tant au niveau domestique qu’à l’internationale. Toutes ces informations seront également répertoriées dans le guide pratique touristique en cours d’élaboration.

Quelles sont les dispositions prises pour faciliter l’accessibilité aux infrastructures touristiques ? Le gouvernement envisage-t-il de relancer une compagnie aérienne nationale ?

C’est une question transversale. Il y a des discussions en cours sur le sujet. Je suis tenue à une certaine confidentialité. À ce stade, ce que je peux vous dire c’est que oui, il y a des discussions. Des instructions fermes ont été données par le chef de l’état pour qu’on relance une compagnie aérienne et cette relance participera naturellement à réduire les couts, mais également à développer des déplacements à couts réduits.

Oui, c’est important d’avoir une compagnie aérienne, mais vous savez en même temps, il y a des choses qui peuvent être faites en l’absence d’une compagnie aérienne. Ce que je veux dire c’est que, les obstacles on les connaît, mais on peut également les contourner pour pouvoir booster le tourisme.

Pour pallier ces manques, au niveau du gouvernement, des efforts qui sont faits, des discussions sont engagées. Cette question d’accessibilité aux sites, même au parc Akanda, à 30 minutes d’ici, est des questions qui nous préoccupent.

Et que proposez-vous, en attendant la concrétisation de ce projet ?

L’absence d’une compagnie aérienne ne devrait pas nous empêcher d’aller à la découverte du pays. Je ne suis pas de ceux qui pensent que, parce qu’il n’y a pas de compagnie aérienne, ou parce que les couts sont élevés, ou autre chose allant dans ce sens, on ne peut pas faire du tourisme.

L’américain qui vient au Gabon, il paie aussi cher que celui qui est sur place. Pour faire du tourisme, il faut avoir la culture de l’épargne. Vous ne pouvez pas vous lever comme ça et vous dites que je vais à Loango sans vous être préparé. Il y en a qui épargnent toute l’année pour pouvoir aller en vacances. Si j’ai envie d’aller passer une semaine à la Lopé, même moi qui suis ministre, je m’organise.

Je crois qu’à la base, il faut avoir un plan d’organisation de dépense pour déterminer si votre porte-feuille vous permet d’aller à Pongara ou dans un autre site. Tout le monde épargne, même les Occidentaux, ils font de l’épargne pour aller en vacances.

Propos recueillis par Stéphane Billé

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