Le processus d'industrialisation de l’Afrique centrale est confronté à plusieurs écueils

Le processus d'industrialisation de l’Afrique centrale est confronté à plusieurs écueils
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() - La 34ème session du Comité intergouvernemental d'experts (CIE) de l'Afrique centrale qui se tient du 18 au 21 septembre 2018 19 à N’Djamena au Tchad, dresse un diagnostic peu reluisant du processus d’industrialisation dans la sous-région.

En effet, le 19 septembre dernier, au terme de débats intenses sur les moyens de financement de l’industrialisation pour un développement durable dans la sous-région, les experts ont convenu que plusieurs facteurs obèrent encore les flux de trésorerie nécessaires au financement durable de projets industriels en Afrique centrale, avant d’esquisser des pistes de solutions pour sortir de cet engrenage.

Parmi les obstacles au processus d’industrialisation de la sous-région, ils ont entre autres, évoqués : les charges fiscales, des conditions prohibitives d'accès aux prêts, de faibles taux d'épargne nationaux, une dette publique insoutenable, des canaux de financement restrictifs, des indices de perception politique négatifs ainsi que des environnements des affaires difficiles.

A ces entraves, s’ajoute aussi le fait que «la majorité des économies de notre sous-région suivent des programmes d’ajustement structurel en raison de la chute des prix des matières premières qui a débuté en 2014, ce qui ne laisse qu’une faible marge budgétaire pour des investissements à long terme nécessaires pour nos efforts d’industrialisation», comme l’a rappelé, le Secrétaire d’État à l’Économie et à la Planification du Tchad, Hissein Tahir Souguimi.

Nécessité de faire une bonne utilisation des ressources financières disponibles

Dans le cadre des solutions de sortie, sur la base d’une étude approfondie menée par la CEA, «les participants ont appris que l’actif financier en Afrique centrale ne représente que 16,7% du PIB de la sous-région, bien en dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne (57%). Mais, chose surprenante, la sous-région laisse dormir environ 400 milliards de dollars (15% du PIB de l’Afrique) dans les fonds de pension et de sécurité sociale du continent».

Pourtant, selon Antonio Pedro, chef du Bureau de la CEA pour l’Afrique centrale «ces sources de financement innovantes qui ont fait leur preuve ailleurs peuvent être adaptées au contexte de l’Afrique centrale ». Parmi ces financements, il s’est référé à la création de fonds de garantie bien ciblés pour les PME, le recours aux importantes bourses d'investisseurs institutionnels pour la création de fonds de dépôt et d'investissement capables de financer des projets à fort impact sur le développement. Il a également mis en garde sur le fait que «la mobilisation des fonds pour l’industrialisation ne consiste pas seulement à rechercher des financements».

Car, selon lui, «cela nécessite des investissements aux niveaux macro et micro en vue d’améliorer les infrastructures matérielles et non matérielles pertinentes, notamment garantir la qualité des cadres juridiques et réglementaires et résoudre les autres défaillances du marché et contraintes qui affectent la compétitivité des entreprises».

Urgence de meilleurs écosystèmes financiers

Sur un tout autre plan, la vice-présidente de la Commission de la Cémac, Fatima Acyl, a invité les pays de la sous-région à s’orienter vers des solutions communes. «Nous ne devons pas attendre que toutes les conditions soient réunies avant de nous mettre à l’œuvre pour le financement de l’industrialisation - les pays de la sous-région doivent mettre leurs ressources en commun pour trouver des solutions.», a-t-elle indiquée.

Dans la même logique, le Dr. Rafael Nsue Tung, conseiller du président de la Guinée Equatoriale, a quant à lui souligné «qu'en raison des ressources limitées des banques de développement de la sous-région, il est nécessaire d’avoir des systèmes plus ouverts et transparents, afin de mobiliser des liquidités à travers des instruments comme les titres de créance, car l’opinion publique doit faire confiance au système pour pouvoir y investir»

Avant d’indiquer par la suite «que les prêts publics doivent être pertinents et contribuer à l’atteinte des objectifs de développement, d’où la nécessité de vérifier les engagements pris par les gouvernements lorsqu’ils empruntent des fonds pour le compte des pays dans le but de financer l’industrialisation».

En dernière analyse, le Dr Dominique Njinkeu - ancien facilitateur des échanges à la Banque mondiale, désormais négociateur des transactions pour le compte d’un fonds d'investissement privé, a fait valoir qu'il était nécessaire de créer des programmes visant à renforcer les capacités des opérateurs économiques et les soutenir dans la recherche d’instruments financiers indisponibles dans la sous-région.

Stéphane Billé

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