Cible des grévistes, le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou réitère son engagement pour l’école gabonaise

Cible des grévistes, le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou réitère son engagement pour l’école gabonaise
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Régissant à la rumeur faisant état de son limogeage du gouvernement pour certains et de changement de portefeuille pour d’autres, le ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou a tenu à faire une mise au point, afin de préciser un certain nombre de dispositions

A l’attention des syndicalistes qui réclament à tout prix son limogeage suite à ses prises de positions, et les sanctions prises contre les enseignants grévistes, Florentin Moussavou s’est voulu direct et sans équivoques précisant qu’il restait en phase avec les idéaux du gouvernement ainsi qu’avec les objectifs à lui assignés par le chef du gouvernement. «Il me revient que certains esprits malsains auraient souhaité mon éviction du gouvernement. Qu’ils soient patients, j’y suis toujours pour servir mon pays et non me servir.» a-t-il précisé. Avant de rappeler son attachement à la formation des Gabonais. «Le bien-être de l’école gabonaise m’importe plus que tout.», a-t-il conclu.

Pour rappel, la grève des enseignants du secteur public a atteint des proportions alarmantes ces derniers jours. L’appel à la grève de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed) et du Syndicat de l’éducation nationale (SENA), les deux principaux syndicats de l’éducation nationale est largement suivi. Ces deux mouvements avaient demandé à leurs adhérents de boycotter la rentrée scolaire pour exiger le paiement des primes, des intégrations, l'amélioration des conditions de travail et surtout des nouvelles salles de classe. Ils sont en grève depuis le mois de novembre pour la plupart d’entre eux.

Conséquences, les élèves ne vont plus à l'école depuis plusieurs semaines. Bref, la situation se corse. Pour ramener les enseignants dans les salles de classe, Florentin Moussavou, ministre de l'Education nationale, excédé par l’intransigeance des syndicalistes, après un certain nombre d’efforts fournis pour renouer les fils du dialogue, a finalement brandi la chicotte après la carotte. Dans une note circulaire, il a menacé de radier tous les enseignants absents de leur poste depuis trois mois, et procéder à la suspension des salaires des grévistes.

Les élèves, première victimes de cet enlisement

En effet, la bataille qui oppose le gouvernement aux enseignants en grève depuis trois mois ne manque plus d’alimenter les inquiétudes des élèves et des parents. Car, si personne n’avait jusque-là osé en parler ouvertement, désormais le risque d’une année blanche devient de plus en plus grand, à mesure que les jours passent et que l’année file inexorablement vers sa fin. Avec d’un côté l’intransigeance des syndicalistes déterminés coûte-que-coûte, à aller jusqu’au bout, et de l’autre, un gouvernement visiblement excédé par les évènements. En un mot, l’école gabonaise est prise entre le marteau et l’enclume.

La dragée semble donc amère pour les parents d’élèves et leurs enfants. Les parents d’élèves qui semblent avoir pris conscience de la gravité de la situation multiplient des sorties et autres réunions, appelant la Conasysed et le gouvernement à mettre, chacun un peu d’eau dans leur vin, afin de reprendre le dialogue et épargner le risque d’une année blanche à leur progéniture.

D’ailleurs les élèves eux-mêmes pour l’avoir compris ont acquis des rôles dans ce feuilleton. Depuis quelques jours, ils investissent la rue pour exiger du gouvernement qu’il prenne à bras-le-corps les revendications des enseignants, afin de permettre au plus vite la reprise des cours.

Appel au compromis

Faute de compromis, chaque camp semble privilégier le jusqu’au-boutisme. Selon certains observateurs, «face à cet enlisement, il importe que les deux parties puissent reprendre le fil des discussions». Tout comme ils en appellent à une réelle prise de conscience professionnelle de la Conasysed dont la vocation première, est d’enseigner et de former.

Ils invitent enfin, « les deux parties à faire chacune des compromis, au regard de la conjoncture exceptionnelle que travers le pays. Surtout poursuivent-ils « qu’il sort très affecté d’une élection présidentielle atypique. Une année blanche ne serait qu’un coup de grâce porté à un climat sociopolitique déjà bien précaire».

Synclair Owona

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