Le Gabon et L’OPEP : 40 années d’histoire faite de hauts et de bas

Le Gabon et L’OPEP : 40 années d’histoire faite de hauts et de bas
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() - Le dossier de la réintégration du Gabon à l’Opep qui sera discuté à Vienne, en Autriche au début du mois de juin 2016, révèle d’une relation particulière faite de hauts et de bas.

20 ans de présence, 20 ans d’absence. Ainsi pourrait se résumer toute l’histoire du Gabon avec l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Le retour du Gabon à ce cartel qu’il a quitté il y a exactement 21 ans est loin d’être étranger à la crise pétrolière actuelle, soulignent les observateurs. Le pays a un plan de développement, dont le financement est principalement basé sur la rente pétrolière. « Pour en optimiser les revenus, nous avons créé une société nationale des hydrocarbures que nous devons faire prospérer. L’expérience des pays de l’Opep pourrait être un avantage pour notre pays», explique Etienne Ngoubou, ministre du Pétrole.

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En 1995, le pays était le plus petit producteur parmi les membres, il ne représentait que 2% de la production. Libreville ne pesait pas lourd dans la gestion à long terme du pétrole. La réserve gabonaise n’était que 0,3 % de tout ce que possédait l’Opep. Réintégrer l’organisation a l’avantage de se voir garantir un quota sur le marché et de voir les recettes pétrolières améliorées. Seulement, le système est un peu déréglé depuis la crise de 2014. Ainsi, l’Arabie Saoudite continue à produire à plein régime en dépit de la chute des cours du brut. Une réduction de sa production aurait permis de stabiliser les cours. Pour Ryad, le plus important est de contrer l’offensive des Etats-Unis qui ont augmenté leurs productions, et surtout l’Iran, le grand rival qui revient sur le marché après des décennies de sanctions internationales.

Le timing ?

L’Opep, que le Gabon va intégrer, a aujourd’hui de moins en moins d’emprise sur le prix du baril. L’organisation est affaiblie par les tensions internes entre les membres. Certains pays n’hésitent pas à violer ses quotas de production en période de crise. Face à la puissance des marchés de New York et de Londres, l’Opep a du mal à tenir son rang tant elle a du mal à étendre sa zone d’influence. Elle n’est donc plus en mesure d’influencer comme elle souhaiterait les économies des pays du Nord, ni de déterminer les cours du baril.

Cependant, il reste un peu d’espoir. En 2014, l’Opep a représenté 41% de la production mondiale. Ses pays membres disposent de 71,6 % des réserves mondiales, soit 1216 milliards de barils. Le Gabon n’a peut-être pas fait le mauvais choix en misant sur l’Opep. Selon le ministre du Pétrole, Etienne Dieudonné Ngoubou : ‘’L’industrialisation du secteur pétrolier impose aujourd’hui au gouvernement gabonais de réintégrer l’Opep’’. Avec sept compagnies en production dont des grandes multinationales comme Shell, Total et Perenco qui peuvent produire chacune plus de 50 000 barils/jour, le Gabon peut bien assurer son quota de production malgré la baisse des réserves.

En 2014, le pays avait un rythme de production de 220 000 barils/jour. Une dizaine de compagnies sont également en exploration. Total Gabon a même signé un contrat d'exploitation avec le gouvernement gabonais jusqu'en 2032. Ce qui montre que les entreprises restent confiantes sur l'avenir du pétrole gabonais. Avec ce potentiel, tout porte donc à croire que l’Organisation devrait accueillir positivement la réintégration Gabon.

André Owona