Le secteur minier gabonais se recentre sur le manganèse et l’or

Le secteur minier gabonais se recentre sur le manganèse et l’or
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() - Avec le développement de nouveaux projets qui s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie gouvernementale, visant à attirer les investissements étrangers et à contrer le ralentissement enregistré l’année dernière, le secteur minier gabonais connait une véritable relance.

Fin février le ministre des mines et de l’industrie, Christian Magnagna (photo), a déclaré que la production annuelle de manganèse pourrait se voir multipliée par près de deux sur le moyen terme, pour atteindre les 6 millions de tonnes, grâce à la mise en service de nouvelles unités de production.

Deux semaines auparavant, des représentants de la société singapourienne Nouvelle Gabon Mining (NGM) avaient assuré à une délégation gouvernementale que les investissements en cours, permettraient de faire passer sa production à 2 millions de tonnes par an, sans toutefois annoncer de date concrète. La NGM exploite depuis mi-2013 dans la province du Haut-Ogooué près de Franceville, un gisement de manganèse et une usine de valorisation d’une capacité de 75 000 tonnes par an (tpa). Elle a également envisagé une deuxième usine capable de produire 342 000 tpa.

Le Gabon est le troisième producteur mondial de manganèse. La mine de Moanda, au sud-est du pays, et le complexe métallurgique C2M qui y est associé – ouvert en 2015 - est à l’origine du quart de la production mondiale et détient encore, selon les estimations, des réserves s’élevant à 150 millions de tonnes.

Mines d’or

L’expansion de la NGM n’est pas le seul grand investissement prévu dans le secteur : de nombreuses autres initiatives sont à l’œuvre afin de tirer encore davantage profit du potentiel aurifère et minéralier considérable du Gabon.

Début février le groupe marocain Managem, la seule compagnie du pays à exploiter une mine d’or industrielle, a annoncé un partenariat avec le groupe public gabonais Société équatoriale des mines (SEM) destiné à doper la production de sa mine de Bakoudou, mais on ne dispose à l’heure actuelle d’aucun détail supplémentaire.

Managem exerce ses activités dans la région depuis 2010, produisant environ 1,5 tonne d’or par an.

Une hausse de la production à Bakoudou, et, en parallèle, le développement de la mine d’Etéké, exploitée par Managem, devraient contribuer à renforcer les exportations d’or du pays sur le moyen terme.

Terres rares

La COMILOG s’associe également à la SEM afin d’évaluer la poursuite du développement du gisement polymétallique de Maboumine. La zone renferme des réserves de niobium et de terres rares, qui, selon une étude de faisabilité préliminaire publiée en juin dernier, pourraient engendrer des recettes annuelles de l’ordre d’1,5 million de dollars.

Un secteur récemment en proie à des difficultés

Les investissements prévus sont particulièrement bien accueillis à l’heure où le secteur tente de rebondir suite à une baisse de la demande mondiale. La chute mondiale des cours des matières premières a fortement entamé la rentabilité du secteur en 2015 et en 2016, obligeant les deux principaux producteurs du pays à interrompre la production et entrainant une chute de 16% de la production totale du manganèse, qui atteint 3,3 millions de tonnes.

La COMILOG, une filiale de l’entreprise française Eramet qui est responsable de 90% de la production de manganèse du pays, a fermé sa mine de Moanda pendant 21 jours en mars 2016. Une fermeture qui a causé pour la compagnie une baisse de 15,3% de sa production annuelle, qui a plafonné à 2,5 millions de tonnes, et des recettes accusant une baisse de 14% pour atteindre 210 milliards de francs CFA (340 millions de dollars).

La production a redémarré sur le site au mois de septembre, lorsque les prix se sont redressés. Fin janvier, le manganèse se négociait à 1,94 dollars le kilo, contre 1,67 dollars fin mars 2016.

Développement des infrastructures

La reprise actuelle de la demande mondiale devrait largement permettre d’étayer les nouveaux projets de développement et un fort potentiel de production future est à signaler. Le pays possèderait plus de 40 tonnes de réserves d’or ainsi qu’une série d’autres minerais, parmi lesquels du plomb, du zinc, du cuivre, des diamants, du niobium et du titane, selon la SEM. Pourtant, selon le ministère des Mines, seul 30% du sous-sol gabonais a fait l’objet d’une exploration minutieuse.

Afin d’encourager de nouveaux investissements dans le secteur, le gouvernement a travaillé d’arrache-pied à l’amélioration de l’environnement des affaires, en augmentant les dépenses publiques en matière de logistique et de ressources humaines.

En août 2016 le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba avait procédé à l’ouverture d’un terminal minéralier à Owendo, à 15 km au sud de Libreville. D’un coût de 134 millions d’euros, ce dernier pourra traiter 10 millions de tonnes de matières premières par an.

Stephane Billé avec Oxford Business Group.

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