« En 2019, l’Etat s’engage à trouver des solutions idoines pour régler définitivement la situation du réseau routier national », dixit Christian Magnagna

« En 2019, l’Etat s’engage à trouver des solutions idoines pour régler définitivement la situation du réseau routier national », dixit Christian Magnagna

() - Dans un entretien accordé à notre rédaction, le ministre de l'Equipement, des Infrastructures et des Mines, Christian Magnagna (photo), revient sur les acquis infrastructurels de l’année 2018, ainsi que sur les grands axes de la nouvelle politique gouvernementale du pays en matière d’infrastructures routières.

M. le ministre, au terme de l’année 2018, quel regard portez-vous sur le secteur routier gabonais ?

Christian Magnagna : Merci de m’ouvrir vos colonnes. Effectivement Nous sommes en train de boucler l’année 2018. Je tiens d’abord à vous indiquer que 2018, a été une année riche politiquement, avec la mise en place d’un nouveau gouvernement depuis le 4 mai 2018, mais ensuite difficile, avec l’absence du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba qui, pour un séjour prolongé, continue sa convalescence en ce moment au Maroc.

C’est également une année pleine d’enseignements parce que c’est un gouvernement qui a dû travailler sous des contraintes, telles que la conjoncture économique, avec une situation financière assez difficile pour l’Etat, pour atteindre ses objectifs de développement.

Mais, ce qu’il faut également noter, en termes de satisfaction, c’est le relèvement progressif de l’économie. Donc, nous partons sur une note d’espoir, tout en priant que le chef de l’Etat puisse rentrer le plus rapidement possible, pour nous permettre de reprendre la route du développement du Gabon.

Oui, mais en matière d’infrastructures dont votre département ministériel a la charge, en termes d’acquis, que peut-on noter ?

Quand on parle d’infrastructures, ce qu’il faut d’abord relever, c’est le fait que le secteur des infrastructures constitue un vaste chantier. En effet, le département ministériel dont j’ai la charge a, entre autres missions, de permettre un développement intégral du pays, à travers des infrastructures qui permettent à tous les Gabonais de communiquer, d’évacuer les marchandises dans tous les coins du pays.

Car, pour le chef de l’Etat, l’objectif est de créer un lien structurel entre le développement économique et les infrastructures conformément au schéma directeur national des infrastructures, voté depuis 2012. Depuis lors, on s’est mis au travail avec un certain nombre d’acquis, cela n’a pas commencer qu’en 2018.

Dans ce cadre, malgré le fait que beaucoup reste à faire, nous avons quand même réalisé un certain nombre de projets importants qui permettent aujourd’hui, la pleine circulation des biens et des services sur l’ensemble du territoire.

De manière concrète ?

En 2018, en termes d’acquis, c’est surtout la route nationale numéro 1 que nous sommes en train de livrer sur la section Pk5-Pk12. C’est également le lancement du programme de réhabilitation des voiries de Libreville, où 112 voies vont être réhabilitées pour permettre d’apporter un confort au niveau des populations, pour sortir de cette triste image qui renvoie à un certain nombre de flaques d’eaux dans les rues de la capitale.

Nous pouvons aussi relever une avancée considérable sur l’emblématique projet Port-Gentil – Omboué, qui est en cours d’exécution et qui bientôt donnera lieu à un autre projet, par la suite qui va permettre la jonction entre emboué et la route nationale numéro 1, en passant par Yombi, pour permettre la circulation entre l’Est et l’Ouest du pays. C’est là une autre façon aussi de valoriser l’énorme potentiel touristique de notre pays.

Au regard de la situation économique qui prévaut, ça n’a pas du tout été une sinécure pour l’Etat ?

Effectivement, compte tenu de la contraction des ressources, l’Etat a été obligé de faire des arbitrages et parfois des impasses pour ce qui est de l’entretien routier. C’est ce que nous observons d’ailleurs depuis le début de la crise. En effet, depuis 2013, l’entretien routier n’a pas été effectué comme cela aurait dû être, parce qu’il y a des variables d’ajustements budgétaires.

De manière précise…

C'est-à-dire, qu’on a fait des impasses sur l’entretien routier pour privilégier la masse salariale, ou privilégier les dépenses sociales etc. Globalement, le bilan est celui qui nous vient de l’ensemble des images provenant de l’intérieur du pays, et même dans la capitale.

Globalement, il y a des routes qui n’ont pas été entretenues depuis un certain moment. Il s’agit donc aujourd’hui, de revenir sur des formules qui ont marché avant. C’est à juste titre que le chef de l’Etat a demandé de revenir sur les fondamentaux, c'est-à-dire, l’indentification des ressources pérennes qui vont permettre d’entretenir les voies par un financement des ressources pérennes qui viennent souvent des usagers.

Un exemple…

Il y a encore trois ou quatre ans, existait le Fond d’entretien routier (FER), qui collectait un certain nombre de ressources et redevances, payées par les usagers de la route et qui étaient dédiées à l’entretien routier. Nous sommes en train de revenir sur ce modèle de mise en place d’un fond qui va reprendre l’ensemble du système de redevance, détaché des contraintes du trésor afin de s’assurer pleinement de l’entretien routier. Nous nous engageons donc qu’à partir de l’année 2019, des solutions soient trouvées pour régler définitivement cette situation qui est très déplorable.

Mais en attendant, on a l’impression que les Directions provinciales des TP n’ont plus d’importance au regard du manque de ressources tant humaines que matérielles auxquelles font face

Les Directions provinciales des Travaux publics ont toujours eu un rôle d’observateur et de surveillant du réseau routier national dans leur zone de compétence. En effet, elles ont pour missions de relever les différentes anomalies qu’elles constatent et les remontent à la Direction centrale, pour leur prise en compte, lors de la programmation de l’entretien routier ou de l’intervention de l’Etat sur l’ensemble du réseau routier, qu’il s’agisse des infrastructures de transport ou d’équipements.

Ce travail se fait toujours, mais faute de moyens financiers pour répondre à leur sollicitation et parfois même à leur injonction, cela devient très difficile. C’est souvent dans ce genre de situation que nous nous retrouvons.

Quel sera le rôle des agences, telles l’ANGTI et le reste, pour permettre au ministère de se redéployer dans l’aménagement routier ?

Nous sommes en train d’écrire une feuille de route que nous allons présenter début janvier, au chef de l’Etat ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires au développement. Dans ce cadre, le Premier ministre va porter ce projet, pour qu’à partir de 2019, nous puissions reprendre l’ensemble de ce programme d’aménagement routier qui comprend : le programme de travaux neufs, l’entretien routier et l’équipement ferroviaire. 

En termes de perspectives ?

En termes de perspectives, nous sommes en train de réaliser une analyse de la situation du réseau routier national, pour identifier les difficultés. Si la trésorerie de l’Etat ne peut pas continuer à payer parce qu’elle est sujette à arbitrage, à cause de la crise, il nous faudra donc trouver un modèle économique et financier qui puisse permettre de garantir un financement durable pérenne de la ressource nécessaire, pour l’entretien routier pour ne pas tomber dans les images précédentes.

Ensuite il nous faut réfléchir sur l’existence d’un certain nombre de structures dont nous disposons. Nous avons par exemple aujourd’hui, un régime administratif qui existe avec des fonctions, des hautes fonctions, de la main-d’œuvre non permanente, nous allons étudier comment tirer meilleur profit d’elle. Raison pour laquelle, depuis huit mois, nous sommes en train de travailler et de proposer des scénarios afin de la rendre beaucoup plus dynamique.

N'est-ce une manière de tirer la leçon du passé ?

Effectivement, il faut faire le bilan de tous les travaux qui ont été engagés depuis 2012. Il y a eu des lourds contrats qui ont été attribués aux sociétés financées sur des ressources propres de l’Etat, et d’autres que l’Etat n’a pas pu honorer ses engagements, qui ne sont tous pas allés à leur terme. Il va donc falloir réfléchir pour trouver des solutions plus appropriées à ces différentes commandes.

Nous allons devoir trouver un point d’accord avec ces entreprises pour savoir si elles peuvent continuer ou pas, parce que nous sommes dans une situation où on ne peut pas continuer à financer. Donc ensemble, nous allons nous accorder sur la nécessité peut- être, de sursoir ces commandes ou de passer la main à d’autres ressources, étant entendu que les bailleurs de fonds sont prêts à nous aider.

Propos recueillis par Stéphane Billé

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