Selon Frank Legré, « Le Gabon reste dans le top cinq des destinations de Air France en Afrique »

Selon Frank Legré, « Le Gabon reste dans le top cinq des destinations de Air France en Afrique »

() - Dans un entretien accordé à notre rédaction, le Directeur général Afrique de Air France-KLM, Frank Legré (photo), a décliné le dispositif de la compagnie aérienne française pour la destination Libreville, sans toutefois faire fi du positionnement du Gabon sur ses destinations africaines ainsi que les innovations et les ambitions nourries par la compagnie envers le pays. Lecture.

Lenouveaugabon.com : M. le Directeur général, il y a quelques semaines, une importante délégation de responsables du groupe Air France-KLM a échangé avec le Premier ministre gabonais, Emmanuel Issozet Ngondet. Quels ont été les contours de cette rencontre ?

Frank Legré : Effectivement, nous avons discuté, il y a quelques semaines, avec le Premier ministre, Emmanuel Issozet Ngondet. Nous avons abordé les perspectives de notre développement au Gabon ainsi que notre disposition à accompagner GSEZ Airports SA, dans le projet de construction du nouvel aéroport international de Libreville.

Pourquoi cet intéressement à ce projet ?

Nous avons dans ce cadre rencontré et discuté avec M. Gagan Gupta qui est l’Administrateur directeur général de GSEZ, la société qui sera chargée de construire ce nouvel aéroport. En effet, il y a de grands enjeux et de grands espoirs sur le développement de cette infrastructure aéroportuaire. De notre point de vue, je crois que ce qui est constructif et positif dans ce cadre est que les compagnies aériennes, et au premier rang desquelles Air France, seraient consultées sur la conception et l’organisation de ce nouvel aéroport.

Et d’un autre point de vue, nous estimons qu’il est nécessaire de construire un aéroport moderne, avec des technologies de pointe telles que des facilités de reconnaissance faciale, etc. en vue de gagner en temps ainsi qu’en efficacité. Donc avec cette nouvelle infrastructure, nous pensons qu’il y a une possibilité de réaliser un bond technologique, notamment avec un traitement des passagers de très grande qualité.

Quel a été l’avis des dirigeants d’Olam, face à cette proposition ?

Evidemment, M. Gagan Gupta est lui-même très convaincu de ces nouvelles technologies appliquées au domaine aéroportuaire.

Alors comment pourra se matérialiser cet appui technique ?

Pour l’instant, c’est plutôt un dialogue constructif avec GSEZ sur la conception. En tout cas, nous avons prévu travailler main dans la main pour que cet aéroport soit un succès pour le Gabon avant tout, mais aussi pour les compagnies aériennes qui le desservent, au premier rang desquelles Air France, depuis 72 ans.

Quel est votre avis sur la cession de la gestion de l’Aéroport international de Libreville (ADL) à GSEZ ?

On n’a pas notre mot à dire sur l’organisation. Chacun décide de son entreprise. Ce qui nous intéresse par contre, ce sont des améliorations concrètes dans l’aéroport actuel qui a encore quelques années à vivre. On a, par exemple, évoqué avec M. Gagan Gupta, le cas des salles d’attente qui pourraient être beaucoup plus confortables ainsi que le check-in. Il semble avoir bien compris nos propositions et donc on s’attend à des améliorations.  

Nous pensons, tout en nous projetant sur le nouvel aéroport qui verra le jour, à l’horizon 2-3 ans, peut être un peu plus, qu'il est important qu’il ne se passe rien d’anormal sur cet aéroport entre maintenant et d’ici cinq ans. Donc tout ce que nous pourrons faire pour améliorer la satisfaction de nos passagers qui sont nos clients dans cet aéroport à l’arrivée et au départ est extrêmement important.

Exemple d’initiatives

On s’est par exemple focalisé sur l’embarquement. Nous pensons que le salon business peut être également modernisé. Donc, il y a de vraies attentes de la part des compagnies aériennes, mais il revient à GSEZ de s’organiser de la manière qui leur appartient pour apporter toutes ses améliorations.

Air France semble ne pas être très intéressée par l’aéroport international de Port-Gentil ?

En vérité, on a été intéressé par l’ouverture de cet aéroport en 2014, lorsque le pétrole était au sommet de ses prix. Mais finalement, compte tenu du choc pétrolier qu’a connu la ville de Port-Gentil, l’opération a été mise en stand-by. Je dirais que tout va dépendre de la situation économique. Pour l’instant ce n’est pas dans nos plans, parce qu’aujourd’hui, le pétrole n’est pas très élevé, le trafic comme vous le savez a été extrêmement ralenti. Mais si jamais la situation du marché le permet, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas ouvrir Port-Gentil.

C’est-à-dire…

Il faut surtout qu’il y ait la demande de la part des entreprises pétrolières. Parce que nous le faisons pour nos clients. Vous comprenez donc qu’il faut que les clients soient d’abord là et ensuite que le volume du trafic sur Port-Gentil soit lui aussi important pour que cela puisse être rentable pour nous.

Sur une échelle de 1 à 10 destinations, quelle place occuperait Libreville pour Air France en termes de fréquence de vol en Afrique ?

Malgré la taille relativement modeste en termes démographiques, le Gabon est extrêmement important pour Air France. Cela, dans la mesure où c’est un pays qui a toujours été historiquement tourné vers la France, avec beaucoup d’ouvertures sur les intérêts de la France. Et qu’en outre, nous sommes donc les dignes héritiers de ce passé-là. La destination Libreville pour Air France connaît un important trafic. Je dirais que le Gabon est dans le Top 5 des destinations africaines pour Air France en termes de volume.

Et en termes de rentabilité ?

Evidemment, je ne parle pas de rentabilité, parce que c’est un sujet absolument secret. Ce que je peux dire c’est que le Gabon est une ligne très importante pour nous. Car, c’est environ 130 000 passagers/an entre Paris et Libreville et donc, nous y sommes extrêmement attachés. Et pour mémoire, c’est en 2013 qu’il y a eu le passage de cinq à sept vols par semaine, et on a su moduler le volume de l’activité en fonction de la demande sur le Gabon. Pour nous, Paris - Libreville est une ligne à succès.

Pourquoi est-ce que les résultats sont-ils secrets quand on sait qu’Air France les communique régulièrement de manière trimestrielle et annuelle ?

Parce que c’est donner trop d’informations à la concurrence.

Quelle est la part de marché d’Air France au Gabon ?

Je pense qu’elle est assez importante. Mais, encore une fois, on ne peut pas publier les chiffres par ligne publiquement parce que c’est très sensible, notamment vis-à-vis de la concurrence.

Comment est-ce qu’Air France fait face à la concurrence dans le ciel africain, notamment en Afrique centrale ?

Le positionnement d’Air France est celui du haut de gamme. C’est celui de la montée en qualité d’Air France. On se positionne sur le meilleur rapport qualité-prix, c'est-à-dire du haut de gamme, aussi bien en classe économique, premium, business ou en classe première. Donc vous constatez que nous mettons de la qualité pour toutes les classes.

Sur quel segment réalisez-vous vos meilleurs chiffres ?

Nous les réalisons beaucoup plus en classe économique qu’en business. Mais, encore une fois, la rentabilité d’un avion c’est un tout.

Est-ce que vous tenez compte de la situation économique d’un pays pour fixer vos tarifs ?

Oui effectivement, il y a quelques mois, nous avons lancé des tarifs très compétitifs en dessous de 500 000 FCFA sur la destination Libreville. C’est vrai que c’était une promotion, mais c’était d’ailleurs la première fois qu’Air France le faisait. On sera amené à reprendre des initiatives tarifaires pour permettre au plus grand nombre de voyager sur Paris notamment, et sur tout le reste de l’Europe ou du monde à travers Air France.

Et si la concurrence vous force à baisser vos prix ?

Nous nous adapterons à la concurrence bien entendu, comme toujours.

Air France, entretient-il des relations avec des compagnies locales ?

Oui, en termes de correspondances. C’est par exemple le cas avec Afrijet. Par ailleurs, sachez que nous ne pourrons jamais collaborer étroitement avec des compagnies africaines ou gabonaises en l’occurrence, si elles figurent dans la black liste de sécurité aérienne de l’Union européenne.

Quels sont les investissements d’Air France en 70 ans de partenariat au Gabon ?

Air France est une compagnie aérienne et donc, ne produit pas des choses. C'est-à-dire qu’on n’a pas d’usines, de ports, on ne transforme pas du bois, on n’a pas d’aéroports, etc. Nous desservons tout simplement le Gabon. Cependant, nous n’avons pas d’investissements au Gabon pas plus que dans d’autres pays. Ce que je peux dire, c’est que nous sommes partenaires de plusieurs associations humanitaires qui travaillent au Gabon. Ce qui veut dire que nous sommes aussi soucieux du développement social du pays.

Sur un point de vue technique, pensez-vous qu’il faudrait que le Gabon se dote absolument d’un nouvel aéroport ?

Nous pensons que c’est un sujet délicat, dans la mesure où c’est d’abord une décision politique. Donc, la question ce n’est pas à nous qu’il faut la poser. En plus, nous n’avons pas à commenter une décision qui émane du gouvernement. Qu’à cela ne tienne, nous sommes partenaires du Gabon et si le pays a un nouvel aéroport, nous n’en serons que plus heureux.

Pourriez-vous nous décliner les spécificités de ce nouvel exercice ?

Du point de vue du produit, c’est le passage à des avions d’Air France connectés, d’ici 2020. Vous pourrez donc recevoir vos mails ou chatter sur les avions d’Air France. Je suis parti il y a quelques jours, à Bamako sur le Boeing 777, ça a marché et j’ai pu récupérer mes mails pendant une heure. Il faut rappeler que c’est un service payant et qui marche bien.

Propos recueillis par Stéphane Billé

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