Entretien avec le maire de la commune d’Akanda, Gregory Laccruche Alihanga

Gouvernance
dimanche, 05 mai 2019 02:40
Entretien avec le maire de la commune d’Akanda, Gregory Laccruche Alihanga

(Le Nouveau Gabon) - En poste depuis le 12 mars 2019, Gregory Laccruche Alihanga (photo), le nouvel édile de la Commune d’Akanda décline ses grandes ambitions pour cette circonscription administrative, située au nord de la ville de Libreville. Economie de cet entretien…

Le Nouveau Gabon : Monsieur le Maire, quels sont les grands axes de votre feuille de route à la Commune d’Akanda ?

Gregory Laccruche Alihanga : Merci de m’accorder cet entretien. En effet, nous allons placer notre action publique autour de la proximité. C’est-à-dire, les maires que nous sommes et le conseil municipal se doivent d’être plus proches des populations. Ils se doivent également, d’être le relais efficace de l’action gouvernementale. Pour ce faire, nous inscrivons le bien-être de nos administrés, au cœur de notre gouvernance. En outre, vous n’êtes pas sans savoir qu’une action publique correcte est celle qui est orientée avant tout vers les populations. Nous nous engageons donc pour des actions qui ont un impact direct et de manière inclusive sur les populations.

Vous avez été reçu récemment par le chef de l’Etat, au même titre que plusieurs de vos collègues à travers le pays. Est-ce qu’il vous a été prescrit une feuille de route particulière, notamment pour vous à la mairie d’Akanda ?

Effectivement, nous avons été reçus par le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba. C’est-à-dire les maires des communes de Libreville, Owendo et d’Akanda et des neuf autres capitales provinciales du pays. Le message du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba avait deux principales leçons. La première consistait en une orientation des politiques publiques à se servir davantage des relais sociaux que nous constitutions. Tandis que la seconde était une recommandation d’être beaucoup plus à l’écoute des populations. Ce, du fait que nous sommes dans une conjoncture économique particulièrement difficile. Et qu’en dépit de cette situation, nous puissions répondre positivement aux besoins des populations. C’est-à-dire, en posant des actes concrets pour leur bien-être.

Quels sont les principaux chantiers qui vous attendent ?

Nos engagements sont axés sur les services sociaux de base, tels que : l’accès à l’eau potable, l’accès au logement, la santé, les voiries, l’éclairages urbain et bien d’autres. Bref, c’est la fourniture de tous ces besoins de base qui doit guider notre action, à travers des solutions concrètes. Cela rejoint d’ailleurs la déclinaison faite par le chef de l’Etat l’autre jour, et qui nous incombe de traduire en actes concrets.

Au niveau d’Akanda le dispositif mis en place peut-il vous permettre d’atteindre ces objectifs ?

En ce qui nous concerne, à la mairie d’Akanda, nous sommes déjà sur cette longueur d’ondes. Car, nous avons initié un certain nombre de projets allant dans ce sens et qui sont intégrés pour certains dans le timing de nos 100 premiers jours.

Sans la mise en application de loi sur la décentralisation, pensez-vous réellement atteindre vos objectifs ?

Effectivement, la décentralisation est un problème auquel toutes les communes du pays font face. Nous souhaitons qu’elle soit être accélérée. D’ailleurs à ce propos, le chef de l’Etat, nous a rassurés sur l’aboutissement de ce processus.

Comment allez-vous financer vos projets ?

Effectivement, les budgets d’investissements sont amoindris. Mais il nous revient, en tant que managers de la cité, de trouver des mécanismes et des solutions de financement innovants. Nous envisageons à cet effet, des options telles que des Partenariats publics-privés (PPP), pour pouvoir réaliser nos investissements. Il est donc de plus que jamais question d’arrêter d’attendre tout de l’Etat central.

Avez-vous déjà initié un schéma allant dans ce cadre ?

Un exemple très concert que je m’en vais vous annoncer et qui devrait aboutir dans un avenir très proche, c’est celui d’un partenariat avec un opérateur de transport publics pour la commune d’Akanda. Sur fonds propres, une société va assurer le transport public dans notre commune. Dans ce cas précis, la mairie va jouer un rôle de régulateur, pour s’assurer que les tarifs pratiqués par l’opérateur soient accessibles à tous.

Envisagez-vous également des hypothèses de jumelage avec d’autres cités à travers le monde ?

Nous avons commencé à regarder ces hypothèses de jumelages avec d’autres cités que ce soit Sud-Sud ou Nord-Sud. En tout cas, nous ne sommes pas fermés à la discussion. Mais en réalité, le dossier est en étude, notamment pour examiner la faisabilité ainsi que les avantages à en tirer réciproquement. Mais laissez-moi vous dire que certains pays européens et même asiatiques seraient d’ores et déjà intéressés par l’initiative. Le moment venu, je vous communiquerais les conclusions finales.

Quels sont les rapports que vous entretenez avec les communes de Libreville, d’Owendo et bien d’autres grandes vile du pays ?

C’est vrai, ces communes à juste titre, ont plus d’expérience que nous. Maintenant, moi je suis un jeune maire au même titre que la commune d’Akanda, nous allons nous rapprocher de ces autres municipalités pour voir dans quelle mesure, elles peuvent nous apporter leur expertise et tabler sur un partage d’initiatives concluantes. En réalité, ce serait intéressant pour nous d’avoir une coopération entre les mairies de Libreville, d’Owendo et d’Akanda. Car, notre proximité devrait constituer un atout essentiel pour notre développement commun.

Quelle est la singularité de la commune d’Akanda par rapport aux autres communes du pays ?

Akanda, lors de sa création avait été baptisée la ‘’Ville dans le parc’’. C’est une idée du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba qui envisage de faire de cette commune, une ville au sein du parc. Ce concept renvoie et englobe plusieurs notions de développement durable, d’écoresponsabilités qui sont hautement importants pour notre commune. Car, nous avons des zones tampons, un parc national, et bien d’autres aspects du développement durable qui nous confèrent ce statut à juste titre.

Alors, comment allez-vous mettre à profit ce riche profil ?

Sur cet aspect, nous avons plusieurs projets que nous allons engager avec les responsables et les gestionnaires de ces domaines. Mais, il convient tout de même de signaler que le parc qui constitue une économie primordiale de la commune d’Akanda devrait faire partie de l’univers des populations. A l’heure actuelle, nous avons certaines populations qui ont besoin d’accéder à ces terres et zones agricoles. Des discussions sont envisagées dans ce sens, pour que l’on puisse totalement intégrer le parc dans la cité. Dans tous les cas, le développement durable est hautement important pour nous. A cet effet, nous ambitionnons faire d’Akanda, le site pilote du développement durable du Gabon. Notamment avec le traitement et le recyclage des déchets.

Comment se passe la gestion de la cité avec les autres conseillers qui ne sont pas du même bord politique que vous ?

La stratégie est toute simple. Notre mode de gouvernance repose sur la communication et l’intégration. A partir du moment où nous discutons avec les gens, et qu’on leur explique la vision, le bien-fondé de celle-ci, au bénéfice des administrés, il n’y a pas de problèmes. En outre, toutes les personnes qui ont été élues au sein de notre conseil, représentent l’électorat local et les populations, militent pour le bien être de ces dernières.

Quel est votre rêve pour la commune d’Akanda ?

Mon rêve pour Akanda est simple. Faire de cette commune, une cité en pleine mutation et qui évolue avec son temps. Evidement pour moi, Akanda doit rester une cité dans le parc et se détacher de son image de cité dortoir. Une cité où l’on trouve de l’emploi, où l’on a une vie et un dynamisme économique, une cité cosmopolite, où chacun trouve sa place. Et enfin, une cité bannie de toute forme de clivages ethniques, sociaux ou raciaux.

Un mot à l’endroit de vos administrés

Ce que je voudrais envoyer comme message à mes administrés, c’est ce que le conseil est là pour eux. Nous sommes à leur disposition. Nous ferons tout pour mettre en œuvre, la politique du gouvernement, et accélérer la transformation de leur commune. Mais ce travail ne se fera pas seulement par nous, mais avec eux aussi. Ils doivent dans ce cadre, régulièrement se rapprocher de nous pour un dialogue permanent et constructif.

Propos recueillis par Stéphane Billé

 
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