Le Gabon va engager une revue générale de la situation de sa dette

Gouvernance
mardi, 03 juillet 2018 15:50
Le Gabon va engager une revue générale de la situation de sa dette

(Le Nouveau Gabon) - Dans un contexte marqué par la baisse des ressources budgétaires, le poids du service de la dette sur le budget de l’Etat gabonais est devenu préoccupant. Cette situation a une fois de plus été évoquée, il y a quelques jours, par le directeur général de la Dette, Hugues Mbadinga Madiya (photo).

En réaction à la sonnette d’alarme tirée récemment par Jean-Michel Severino, ex-directeur général de l’Agence française de développement (AFD), sur la montée de la dette des pays africains, tout en posant la question de l’efficacité de la dépense publique, Hugues Mbadinga Madiya a démontré à quel point le Gabon qui n’a pas échappé à cette tendance haussière de son endettement, était intéressé.

Frappé de plein fouet par une crise pétrolière de grande ampleur depuis juin 2014, le Gabon qui affichait une dynamique de croissance depuis 2010 a vu ces belles perspectives totalement enrayées, a-t-il indiqué ; avant de souligner que : « Le pays a perdu plus de 40 % de ses ressources budgétaires, à tel point qu’il a été obligé de procéder à des ajustements massifs de dépenses, en particulier au niveau des dépenses d’investissement et d'achat de biens et services ».

Et de poursuivre « […] cette baisse des ressources budgétaires a engendré des déséquilibres budgétaires qui ont obligé le pays à renouer avec la pratique des emprunts d’équilibre. Le résultat observé a été un alourdissement rapide de l’encours de la dette, un renchérissement des nouveaux emprunts peu ciblés d’ailleurs quant à leur destination, et une difficulté de plus en plus visible de faire face à un service de la dette rendu peu liquide, en raison de l’assèchement des ressources budgétaires ».

Dans le but de mettre un terme à la poursuite de cette spirale d’endettement, et surtout conscient des enjeux, le directeur général de la Dette a indiqué que le pays allait engager une revue générale de la situation de sa dette. Celle-ci se traduira dans un premier temps, par un audit indépendant en vue de dresser un bilan de l’utilisation faite des ressources d’emprunts et, par la suite, prendre des mesures correctives.

Dans un second temps, elle donnera la priorité au désendettement progressif pour atteindre un niveau d’endettement stratégique de 40% du PIB. Cette politique, explique M. Mbadinga Madiya, implique une gestion prudente de l’endettement et une priorisation du remboursement de la dette, gage de crédibilité interne et externe de l’Etat.

Selon lui, cette initiative rejoint l’un des objectifs de la task force sur les finances publiques, récemment organisée par le gouvernement, et assignés à la direction générale de la Dette. Cela, en vue d’entamer à brève échéance, des opérations de restructuration de la dette afin d'alléger le poids de ce service sur le budget de l’Etat.

Dans ce cadre, M. Mbadinga Madiya indique que des mesures d'ordre institutionnel seront mises en œuvre. L’une des plus importantes sera la mise en place d’un comité national de la Dette. Il sera une instance de surveillance qui, d’une part, devra s’assurer en permanence que les emprunts sollicités servent les objectifs contenus dans le Plan stratégique Gabon émergent et, d’autre part, veillera à l’efficacité des emprunts contractés, dont le rendement devra être maximal.

Stéphane Billé  

 
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